Portrait de Louise de Lorraine-Vaudémont, épouse du roi Henri III

Anonyme école française du XVIe siècle, Portrait de Louise de Lorraine-Vaudémont (1553-1601), épouse du roi Henri III, avant 1589. Huile sur toile, 202 x 104,5 cm. Château de Cadillac © Pascal Lemaître / Centre des monuments nationaux

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L’iconographie de Louise de Lorraine-Vaudémont demeure rare, tant pour les portraits en pied qu’en buste. Le dessin attribué à l’école de Daniel Dumonstier conservé au musée du Louvre confirme l’identité du modèle, en dépit d’une physionomie sensiblement différente dans deux autres portraits : celui conservé musée des beaux-arts de Houston, daté des années 1570 et celui de Jean Decourt conservé à la Bibliothèque nationale de France. La couleur des cheveux diffère tout particulièrement, mais il ne faut pas oublier que la blondeur était recherchée depuis Catherine de Médicis. Il existait quantité de moyens pour éclaircir les cheveux, en les enduisant d’une mixture décolorante mêlant safran et citron. Le dessin du Louvre montre ainsi une Louise de Lorraine blonde.

Le costume de la reine est agrémenté d’un somptueux collier de perles, qui évoque les patenôtres ou chapelet, mais aucun crucifix n’y est suspendu. L’aspect de la robe noire semble d’apparence sobre, mais elle est en réalité très précieuse en raison de son étoffe, travaillée en relief comme la Renaissance en produit en dépit des ordonnances somptuaire de Henri II (1547) et de Henri III. Ces lois somptuaires épargnaient il est vrai la reine et sa cour, et c’est pour cette raison que le portrait de Louise de Lorraine présente de nombreux attributs vestimentaires luxueux.

La coiffure en hauteur de la reine est typique des années 1580-90, de même que la fraise, dont la circonférence diminue un peu à cette période – elle pouvait s’étendre sur 40 cm auparavant – mais se charge de dentelle « à l’aiguille » à son extrémité. Cette mode est concurrencée par celle de la collerette en éventail arborée dans ses autres portraits, puisque c’est Louise de Lorraine qui l’a mise à la mode à la cour des Valois. Cette mode perdure jusqu’à Marie de Médicis, comme le montre son portrait peint en 1603 par Charles Martin, conservé au château de Blois. Dans tous ces portraits d’apparat, la perle est portée à l’oreille, le collier se poursuit largement sur la robe.

On pourrait penser que le portrait est postérieur à la mort de son époux, en 1589, or il n’en est rien, puisque Louise de Lorraine-Vaudémont prend le deuil en blanc, comme il est d’usage à la cour de France, en dépit du « deuil à l’italienne », en noir, porté par Catherine de Médicis à la mort d’Henri II (1559).

Fille du comte de Vaudémont, la reine Louise appartient à la maison ducale de Lorraine, rang qui ne prédispose pas à devenir reine de France. Cependant, elle est choisie par le jeune roi Henri III, la trouvant « à son goût », faisant ainsi un mariage dénué d’intentions politiques.

 

Manière de François Clouet (1510-1572), Louise de Lorraine, reine de France, épouse d'Henri III, vers 1575. Huile sur toile, 145,4 x 113,7 cm. Houston, musée des beaux-arts © Wikipedia

 

Jean Decourt, (1530-1601), Louise de Lorraine, reine de France, 1580. Dessin à la pierre noire, crayon de couleur, sanguine ; 33,5 x 23 cm. Paris, BnF © BnF

 

École de Daniel Dumonstier (1574-1646), Portrait de Louise de Lorraine, reine de France. Dessin, 41,5 x 27,5 cm. Paris, musée du Louvre, D.A.G. © RMN-Grand Palais (musée du Louvre) / Thierry Le Mage

 

Anonyme français, Louise de Lorraine, reine de France, épouse d'Henri III. Huile sur toile, 32 x 26 cm. Paris, musée du Louvre © RMN-Grand Palais (musée du Louvre) / Gérard Blot

 

Charles Martin (1562–1646), Marie de Médicis avec son fils Louis XIII, 1603. Blois, musée des Beaux-arts © Wikipedia

Œuvre à la loupe

 

 

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